Par Anne-Sophie Gnaba.

Si l’art africain « traditionnel » reste toujours convoité auprès des collectionneurs internationaux, il a fallu plus de temps pour que l’on considère davantage l’art « contemporain » africain. Désormais, l’engouement pour l’art contemporain du continent prend son envol. Ce qui est une très bonne nouvelle pour les artistes africains. Certains de nos artistes congolais profitent naturellement de cette vague. Ils gagnent en termes de prestige international et sur un plan financier. 

A titre d’exemple, récemment, des enchères dédiées se sont déroulées à Paris, au Piasa, maison française de vente aux enchères, le 24 juin dernier et à Bruxelles au Stanley’s auction et le 30 juin dernier. Ce fut l’occasion pour les plus chanceux d’admirer au passage ces œuvres majestueuses avant qu’elles n’arrivent dans les collections privées. Les produits de ces ventes étaient bons et les invendus limités.

Si l’art africain « traditionnel » reste toujours convoité auprès des collectionneurs internationaux, il a fallu plus de temps pour que l’on considère davantage l’art « contemporain » africain. Désormais, l’engouement pour l’art contemporain du continent prend son envol. Ce qui est une très bonne nouvelle pour les artistes africains. Certains de nos artistes congolais profitent naturellement de cette vague. Ils gagnent en termes de prestige international et sur un plan financier. 

A titre d’exemple, récemment, des enchères dédiées se sont déroulées à Paris, au Piasa, maison française de vente aux enchères, le 24 juin dernier et à Bruxelles au Stanley’s auction et le 30 juin dernier. Ce fut l’occasion pour les plus chanceux d’admirer au passage ces œuvres majestueuses avant qu’elles n’arrivent dans les collections privées. Les produits de ces ventes étaient bons et les invendus limités.

1- Des œuvres qui parlent de nous, de nos défis, de notre histoire

Outre leur bel aspect esthétique incontestable, la plupart des œuvres exposées sont très engagées. Elles décrivent nos conditions de vie et les questions existentielles de notre peuple.

Eddy Kumuanga, issu de l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa, dans son œuvre sans titre (que je qualifierais à titre personnelle d’«un cri sans mot »), crispe les défis finalement des populations africaines, entre reconstruction d’identité.s post colonial.e.s et attente d’un nouveau modèle pour le futur face à la féroce compétition économique mondiale. Il exprime aussi à travers cette œuvre, l’exploitation de la RDC et de sa nation marquée dans sa chair pour ses ressources naturelles nombreuses notamment le coltan exploité dans les puces informatiques.

Dans ce tableau, l’artiste star JP Mika (exposé en 2017 à la Fondation Vuitton), aussi issu de la même académie et disciple du grand Chéri Chérin, se joue des critères de beauté inversés. Les femmes caucasiennes s’africanisent et les femmes africaines s’occidentalisent.

L’artiste star Chéri Samba (exposé aussi en 2017 à la Fondation Vuitton) avait interpelé les autorités congolaises sur l’importance de l’enseignement des langues africaines grâce à son œuvre « collège de la sagesse ». À la suite de son message, l’enseignement des langues maternelles dans les écoles congolaises était plus fréquent.

Bien plus que des œuvres, finalement ce sont des parts de l’histoire contemporaine des Congos, des tribunes immortalisées sur la vie des congolais. C’est un moyen de contribuer à la promotion de notre identité, de notre histoire sur la scène locale tant qu’internationale. 

2- Une croissance exponentielle des ventes !

Il est loin le temps où l’on reconnaissait uniquement le talent de nos artistes congolais sans pour autant que leurs œuvres se vendent. Lors de ces dernières enchères, certaines œuvres ont été vendues le double de leurs estimations initiales. A titre d’exemple, au Piasa, l’œuvre de Chéri Samba – lutte contre les moustiques – a été vendue pratiquement le double de son estimation initiale, sans difficulté. L’œuvre était estimé initialement entre 25000 € – 35000€. Elle s’est vendue finalement à 58500 €.

D’autres se sont vendues un peu plus que leurs estimations initiales. Mais, une chose est sûre, elles se sont vendues et se revendront par la suite beaucoup plus chères vu la tendance actuelle. La montée en puissance de l’art contemporain africain congolais entrainera une hausse des prix de ventes futures. Alors même si vous n’êtes pas encore milliardaire, il est encore temps de vous offrir une toile car comme l’a dit Henri Seydoux, en 2017, grand collectionneur d’art contemporain, « un beau Chéri Samba à 5 000 euros, c’est fini et c’est tant mieux ».

Pour en savoir plus :

https://www.piasa.fr/fr/auctions/art-contemporain-africain-0520#lots-list
https://www.lepoint.fr/culture/art-contemporain-cheri-samba-je-suis-universel-page-2-10-05-2017-2126225_3.php
https://www.gazette-drouot.com/ventes-aux-encheres/106629?venName=contemporary-african-art-from-congo

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