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Interview : Matthieu Odringe Lukasi, fondateur de la start-up sociale GobUse

Fondée en 2017 par Matthieu Odringe Lukasi, GobUse est une start-up française spécialisée dans la collecte et la sensibilisation du recyclage plastique au sein des entreprises. L’équipe Congo Na Paris a rencontré Matthieu qui nous a partagé son expérience et ses combats en tant qu’entrepreneur.

  • Bonjour Matthieu, pouvez-vous vous présenter ?

Matthieu Odringe Lukasi, originaire du Congo-Kinshasa. Je vis en région parisienne dans l’Essonne. Je suis marié, 2 enfants. J’ai 28 ans. Fondateur depuis 2 ans de la start up GobUse.

Je suis un entrepreneur social à impact.

  • Pourquoi avoir fait le choix de vous lancer dans l’entreprenariat ?

À la fin de mes études, j’avais une offre de CDI en tant que cadre qui m’attendait. Mais l’appel de l’entreprenariat a été plus fort. Je voyais le potentiel de mon projet d’étude. Ce projet me trottait dans la tête et j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner. Je me suis dit que c’était en plus le bon moment de le faire. En commençant jeune, je pourrais de toute manière rebasculer vers une carrière classique au pire des cas.

  • Quel a été votre parcours ? 

Pour restituer mon parcours académique, j’ai eu un bac technologique en finance des entreprises, j’ai enchainé sur un BTS assistant de gestion pour finir sur une licence création d’entreprise. Je n’ai pas cherché à faire un master car j’avais besoin de l’expérience de terrain. J’ai opté pour des formations plus courtes et spécialisées dans l’entreprenariat à l’INSEAD et EM LYON ainsi que SCHOOLAB. Toutes ces formations m’ont permises d’avancer plus vite. Et avec mes études : les notions telles que Business plan, positionnement sur le marché m’étaient déjà familières.

Depuis ma licence j’ai cherché à répondre à un besoin en étant attentif à mon environnement. J’ai cherché à identifier des problématiques au sein des entreprises dans lesquels j’avais travaillé. J’ai vu que le concept que je portais suscitait de l’intérêt, de l’engouement auprès des entreprises et fournisseurs. 

Le concept a évolué pendant 2 ans jusqu’à ce que je me mette à temps plein dessus.

  • Comment passe t-on du concept à la création d’une start-up ? Avez-vous été accompagné dans cette réalisation ?

Je me suis fait accompagner par ma communauté d’agglomération auprès du service de création d’entreprise et de l’association BGE (1er réseau d’accompagnement à la création d’entreprise en France). Certes j’avais déjà une idée assez développée. Ils m’ont permis de passer à un stade supérieur un projet business structuré qui génère des ressources, de la valeur ajoutée. En plus de mes études m’ont permis de comprendre rapidement certaines données afin de me rentrer au bout d’un an sur le marché.

  • Comment s’est déroulé la transition du salariat à l’entreprenariat ?

Le temps ! j’ai évolué dans des bonnes boîtes, j’y étais bien d’ailleurs. Je me suis rendu compte aussi que c’est un statut assez privilégié en terme de responsabilité. 

Les exigences en tant qu’entrepreneur sont assez fortes : la pression des résultats, le travail est quasi omniprésent du matin au soir. Puis il faut avoir les épaules pour « les jours où ça va chauffer ». En plus si tu as commencé avec un prêt, c’est loin d’être simple. 

Mais la motivation est au rendez-vous en terme de gestion de timing et de belles rencontres. J’ai eu la chance de rencontrer des entrepreneurs très expérimentés en « one to one » tel que Xavier Niel. C’est toujours une expérience unique.  

Toutes ces rencontres d’entrepreneurs te permettent de te lancer.

Puis en terme d’accomplissement de soi, l’entreprenariat t’apporte tellement. Le jour où tu arrives à signer avec une grande entreprise, c’est une émotion tellement forte

Après le dur labeur le succès se savoure !

 

 

  • Quels conseils donnés aux futurs entrepreneurs ?
  1. S’assurer que tu es capable de te faire une place sur le marché et ce, de manière durable. 
  2. Je suis adepte du « test and learn ». Pour cela, il faut savoir s’adapter et être à l’écoute de tes clients
  3. Attention aux vendeurs de rêve ! Ne croyez pas aux promesses. Il y a une différence entre une perceptive de clientèle et avoir des clients. Il faut que le deal soit réellement signé !
  4. Attention avec les financements d’amorçage lorsqu’on n’a pas de clientèle certaine. Ça peut être la cause d’une entreprise « mort-né ». Ça génère de la pression inutile, des problèmes de trésorerie. 
  5. Il faut avoir en tête qu’une entreprise commence réellement lorsqu’on vend. Tout projet sauf associatif, la vente est primordiale.
  6. Apprendre à être très organisé car il y a beaucoup de projets à mener simultanément
  7. Être bien entouré, que ça soit des freelances, des structures telles que la BGE (ou Live for Good si tu as comme moi un projet à impact) capable de faire évoluer son projet
  • GobUse au Congo, c’est pour quand ?

J’aimerai bien transporter mon business sur le continent pour répondre aux problématiques plastiques au Congo dès que le timing me le permettra. 

  • Aujourd’hui, quel est votre plus grande fierté ? 

Je suis fière d’avoir tenu la distance et d’être toujours présent. C’était loin d’être évident surtout lorsque c’est un projet à impact et novateur

On continue en plus à gagner des prix, à se développer et partout en France.

  • Comment pouvons-nous vous soutenir ?

En s’intéressant à ce que je fais. Parlez de la start up au sein de vos entreprises en tant que solution recyclage. 

Bien sûr si des personnes sont intéressés pour développer GobUse au Congo, n’hésitez pas à nous contacter.

 

Pour en savoir plus :

Site internet de la start up Gobuse : https://www.gobusefrance.com/

Facebook : https://www.facebook.com/GOBUSEFRANCE

e-mail : contact@gobusefrance.com

 

Propos recueillis par Anne-Sophie GNABA

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